Le blog des Maisons familiales rurales

MFR

Comment sont nées les premières maisons familiales ?

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Les origines

La première Maison familiale rurale a vu le jour en 1937 mais la démarche était déjà lancée quelques années auparavant. Les principaux inspirateurs du mouvement sont :

Le mouvement du Sillon : Marc Sangnier a posé au début du XXe siècle les bases de la démocratie sociale d’inspiration chrétienne en invitant les acteurs du monde rural à s’organiser en associations professionnelles et en syndicats agricoles. La volonté papale, en 1910, de transformer ce mouvement en «sillons catholiques» a mis un terme à la structure initiale, mais pas aux idées de Marc Sangnier.

Le Secrétariat Central d’Initiatives Rurales (SCIR) : cet organisme, institué officiellement en 1920, avait pour principal objectif de créer des syndicats professionnels agricoles.

Très vite, la question de la formation des jeunes s’est posée, notamment pour les enfants des agriculteurs. Proches du mouvement du Sillon, les principaux responsables du SCIR furent les premiers à porter l’idée d’une Maison familiale avec les valeurs qui définissent aujourd’hui encore les MFR : responsabilité collective et citoyenne, entraide, solidarité et éducation populaire.

La première Maison familiale rurale

Elle est créée en 1937 à Lauzun (Lot-et-Garonne) à l’initiative de syndicalistes paysans, parents d’adolescents qui ne trouvaient pas dans le système scolaire existant de réponse adaptée à leurs besoins, d’une section locale du SCIR et d’un curé de campagne, l’abbé Granereau. Partant du constat que l’enseignement traditionnel ne formait pas d’agriculteurs mais poussait plutôt les jeunes ruraux soit à abandonner trop tôt leurs études, soit à partir vers la ville, ces pionniers du mouvement adoptèrent, dès le départ, les trois grands principes de base qui définissent encore aujourd’hui les Maisons familiales rurales :

Dès 1935, le SCIR prévoit dans ses statuts la création d’une section de l’apprentissage agricole pour les enfants de ses adhérents, projet totalement nouveau qui n’en est encore qu’à l’état théorique. La première rentrée a lieu le 21 novembre 1935 à Sérignac-Péboudou, en présence de quatre élèves, avec dès le début une collaboration active avec les professionnels et les familles.

Extraits des premiers statuts de la section d’apprentissage agricole

Pour la troisième rentrée, l’arrivée importante de nouveaux élèves rend nécessaire une nouvelle organisation financière et matérielle. Il faut déménager. On décide le déplacement à Lauzun dans le Lot-et-Garonne de la Maison d’apprentissage agricole. Les responsables cherchent un local et les moyens de le financer. Après avoir étudié en vain différentes possibilités, ils décident d’acheter eux-mêmes le bâtiment et de le gérer.
Le 25 juillet 1937, les parents des élèves sont convoqués en assemblée générale constitutive à Lauzun et s’engagent financièrement. Un emprunt à 4 % est émis. Il est couvert par la garantie solidaire de tous ceux qui avaient voté l’achat et le budget. Des formateurs sont recrutés et une première formation est préparée. La première Maison familiale rurale vient ainsi de naître.
« Nous, membres du conseil de la section régionale, en accord avec tous nos adhérents, prenons sous notre entière responsabilité l’organisation financière de notre Maison familiale ». C’est la première fois que l’école de Lauzun est ainsi dénommée.

Le mouvement se structure

MFR de fillesDe 1937 à la guerre, des Maisons familiales continuent de se créer. Le mouvement est lancé. La première MFR de filles apparaît en 1939. En 1941, on travaille à la création de nouvelles Maisons familiales en zone libre. La même année se tient le premier Conseil national des Maisons familiales qui réunit une trentaine de participants. Le mouvement se structure dès 1942 avec la création de l’Union nationale des Maisons familiales rurales. Fin 1944, on compte une cinquantaine d’associations. À la Libération, elles bénéficient d’une reconnaissance et d’une subvention du ministère de l’Agriculture.
Les familles désignent un conseil d’administration qui assure la gestion de la Maison. Les élèves alternent travail sur l’exploitation et formation à la Maison familiale. Les jeunes vivent en internat pendant leur période de formation et prennent en charge la vie de la maison dirigée par une équipe au complet : directeur, formateurs, cuisiniers…
Les Maisons familiales rurales ont eu le souci constant de conserver leur autonomie en prenant appui sur la responsabilité et l’implication des familles. En 1941, l’interdiction de la pluralité syndicale les conduit, afin de conforter leur indépendance, à quitter le statut syndical pour adopter comme base juridique l’association loi 1901.
En 1945, lors de l’assemblée générale de l’Union nationale, le problème fondamental des relations avec l’Etat et avec l’Eglise est clairement posé. Il est solennellement acté que le mouvement peut être soutenu par l’Etat et inspiré par la religion mais qu’en aucun cas, il ne doit être absorbé par l’un ou par l’autre. Il est réaffirmé que « c’est la famille qui, en dernière analyse, constitue le socle du mouvement ».

Le 20 décembre 1945, les membres du nouveau bureau fixent les orientations du mouvement :

  • Chaque Maison familiale rurale dépend d’une association de familles, responsable à tout point de vue.
  • La formation se fait par alternance de séjours en Maison familiale et séjours en entreprise.
  • Les jeunes sont répartis en groupes restreints. 

1945-1950, l’organisation de la pédagogie

André Duffaure, un jeune stagiaire en recherche végétale, ingénieur agronome de Purpan, et Jean Robert, un jeune professeur d’université, contribuent activement à donner naissance à une véritable pédagogie de l’alternance.
Entre 1946 et 1950, leurs essais et leurs expérimentations sont à la base d’une nouvelle conception éducative. Grâce à sa tournure d’esprit non conformiste, André Duffaure inverse le traditionnel programme d’enseignement agricole, tel qu’il l’a lui-même étudié et instaure l’étude des productions animales et végétales dès la première année, reportant à plus tard l’étude de milieu, sol et climat.
On encourage l’élève à poser des questions à sa famille, aux maîtres de stage, à ses camarades et à ses moniteurs. C’est l’inverse de l’enseignement traditionnel où le maître pose les questions.
De 1947 à 1950, l’expérimentation va prendre corps et déboucher sur la mise en place des « cahiers de l’exploitation familiale ». Grâce à ces cahiers, aux plans d’études, à tout le travail d’observation, d’analyse, de réflexion, de comparaison demandé aux élèves comme à leurs parents, l’alternance devient une véritable formule d’enseignement de plus en plus reconnue.

La croissance et le développement

Les années 1950 voient le mouvement s’ouvrir à d’autres continents. Les premières actions internationales sont conduites. Bientôt, des MFR feront leur apparition en Europe (Italie, Espagne), en Afrique, en Amérique latine ou en Asie du sud-est.
En 1967, au Congrès du 30e anniversaire à Annecy, on entend parler pour la première fois des Maisons familiales artisanales qui viennent d’ouvrir dans le sud-est. La formule des Maisons familiales séduit aussi du côté des artisans. Entre 1945 et 1970, le nombre de Maisons familiales a suivi une progression constante.
En 1984, l’enseignement agricole leur permet de participer au service public d’éducation.
Aujourd’hui 430 établissements couvrent le territoire et sont regroupés en 70 fédérations.

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Auteur : christofbernard

Chargé de communication WEB - Union nationale des Maisons familiales rurales - 75009 PARIS

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