Le blog des Maisons familiales rurales

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MFR de Saint Sauveur Lendelin : « intégration » au Mont Saint-Michel

ss2A l’occasion d’une « sortie d’intégration », 104 élèves (62 Secondes et 42 Troisièmes) et 9 accompagnateurs de la MFR de Saint-Sauveur Lendelin se sont retrouvés le lundi 29 septembre au Mont Saint-Michel afin de mieux se connaître, hors du cadre de la Maison familiale. Lire la suite


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MAF 2014 en Travaux Paysagers : trois des « Meilleurs Apprentis de France » sont en MFR

ROBIN3Robin ALAZARD est élève de terminale Bac pro Aménagements Paysagers à la MFR du Grand Mas à Uzès : il vient d’obtenir le titre de L’un des Meilleurs Apprentis de France le 13 septembre dernier, lors des épreuves nationales qui se sont déroulées à IGNY, près de Paris.

L’année dernière déjà, Gontran SCHAMBER décrochait le titre accompagné par le même moniteur de la MFR Le Grand Mas, Stéphane DE RAFFIN. Ce dernier revient sur le parcours de Robin à la Maison familiale :  »  avant de s’inscrire dans un parcours bac pro, il a commencé par obtenir un CAP Travaux Paysagers à la MFR, tout comme Gontran (…) ils pont pu bénéficier tous les deux du voyage d’études qu’on propose dans les Hautes-Pyrénées (…) ils ont fait de la reconnaissance végétale sur le terrain, mais aussi grimpé sur des sommets de 3000 mètres avec des guides « .

Pour le moniteur qui les a accompagnés, pas de doute, cette cohésion dans le groupe a été un facteur décisif pour expliquer le succès de ces deux camarades lors de ces championnats consécutifs :  » Robin avait échoué en finale à Bordeaux l’an dernier, alors que Gontran gagnait, il a voulu prendre sa revanche cette année et il a gagné à son tour ! ».  « En plus de leurs compétences pratiques, il y a aussi du savoir être, ils ont l’esprit maison familiale ». ajoute-t-il.

Stéphane DERAFFIN est un passionné, et il nous explique dans le détail les différentes étapes qui précèdent la finale de ce concours :  » Nous sommes parrainés par Frédéric FAURE, ancien élève de la MFR et MOF* 2011 (…) nous organisons les championnats départementaux et régionaux à la MFR, à l’occasion de nos portes ouvertes, et en présence de Claude PIRAUX, Président des MOF* du Gard « . (*Meilleurs Ouvriers de France)

Lors de la finale, l’épreuve pratique du matin consistait à aménager un espace de 3m x 3 m, en maçonneries, jardin, plantations.  » Dès le matin, on a vu que Robin avait bien agencé son espace, les maçonneries étaient nickels mais c’est surtout au niveau des plantations, de la partie la plus subjective, qu’il a pris une longueur d’avance «  note son moniteur. Toujours sous les yeux de son papa, paysagiste lui-même, qui l’accompagnait pour l’occasion, Robin a poursuivi l’après-midi par une épreuve de reconnaissance de végétaux (20 plantes en 15 minutes), puis par des questions orales. Ayant atteint la note minimale de 17/20 nécessaire pour décrocher le titre, il est déclaré L’un des Meilleurs Apprentis de France en Travaux Paysagers, comme 12 de ses camarades parmi les 23 finalistes présents.

 » Un résultat exceptionnel «  remarque Stéphane DERAFFIN, qui ne veut pas oublier ses collègues des autres Maisons familiales rurales présents ce jour-là :  » il y a deux autres Meilleurs Apprentis en MFR cette année ! ». En effet, Paul PETIET, de la MFR de Chargey-lès-Gray, accompagné par son moniteur Jérôme PILLOT, et Josselin POULY de la MFR de La Vernée à Péronnas, accompagné de son moniteur Jérôme BARD, ont également décroché le titre : bravo à ces trois Meilleurs Apprentis de France et à leurs moniteurs !


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Lancement d’un « Partenariat stratégique » européen par l’UNMFREO au CNP de Chaingy

Du lundi 22 au vendredi 26 septembre 2014, le Centre National Pédagogique des MFR de Chaingy a accueilli 5 délégations européennes (dont la France représentée par les Maisons Familiales Rurales, porteuses du projet) pour un premier regroupement dans le cadre d’un partenariat stratégique européen visant à « préparer les métiers de demain en milieu rural ». Lire la suite


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« Glanage » solidaire » à la MFR du Pithiverais en partenariat avec l’UDAF 45

glanage4Dans la continuité des activités associatives de l’UDAF 45 initiées en 2013 sur la thématique du développement durable (défi familles à énergie positive, lutte contre le gaspillage alimentaire…), une opération de glanage solidaire a été organisée le 8 septembre dernier. Lire la suite


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Premières rencontres européennes sur l’éducation aux mondes et aux autres

Les Maisons Familiales Rurales françaises sont impliquées au sein d’un programme européen d’éducation aux mondes et aux autres dénommé « Parlez-vous global ? ».

accueil8 MFR pilotes et 8 fédérations (les 8 MFR pilotes sont membres des fédérations départementales de Drôme-Ardèche, Finistère, Ille-et-Vilaine, Isère, Maine-et-Loire, Marne-Ardennes-Aube, Vendée et Vosges) saisissent l’opportunité de ce programme pour mettre en œuvre des démarches et des actions parfois expérimentales, mais souvent transversales à plusieurs domaines d’enseignement, dans le but d’intégrer l’éducation aux mondes et aux autres au sein des plans de formation et des projets éducatifs des maisons. Lire la suite


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Roy Lichtenstein : star incontournable du pop’art au foyer de la MFR de Hadol dans les Vosges !

hadol3En début d’année scolaire, le Centre Pompidou a consacré une rétrospective des œuvres de Roy Lichtenstein, artiste incontournable du mouvement pop’art. Tout au long de cette même année, ses œuvres se sont également invitées à la Maison Familiale de Hadol puisque 22 jeunes de troisième de l’enseignement agricole de cette MFR vosgienne se sont attelés à un travail de reproduction de ses réalisations : « Ohhh… Alright » 1964 et  « Crying Girl » 1964. Lire la suite


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Mobilité européenne « Post-diplômés » : une année autrement pour Valentine

valentine2Valentine DOS SANTOS a 18 ans et elle a son bac professionnel de Conduite et Gestion d’une Entreprise Hippique en poche depuis fin juin 2014. Elle a décidé de postuler pour une mobilité post-diplômés dans le cadre du nouveau programme Erasmus+. Elle a donc décidé d’effectuer une mobilité de 8 mois du 4 juillet 2014 au 5 mars 2015 au Portugal dans une écurie d’élevage et de compétition saut d’obstacles.

Valentine, élève de la Maison Familiale Rurale « Les 4 vents », habite dans le Doubs, plus précisément dans une des communes du pays de Montbéliard. Elle vient de partir au Portugal, à la QUINTA VARANDAS – chez SABINO à CARTAXO (nord de Lisbonne), et Joëlle JEANDEL, monitrice à la MFR, a déjà recueilli de nombreux témoignages.

Valentine : « Je m ‘étais préparée à mon départ »

« Avant de faire mon BAC Pro CGEH, j’ai fait un parcours classique au collège avec un redoublement de la classe de troisième. J’ai décidé de me lancer dans des études dans le milieu du cheval par passion, je ne voyais pas ma vie sans les chevaux. Avant ma première mobilité dont j’ai bénéficié au cours de mon année de formation équine en classe de première Bac Pro, je passais mes journées au cheval, mais avec aucun sens des responsabilités ; incapable de gérer seule mon argent, difficile aussi de remplir seule des documents officiels. Mais, je savais tout de même me débrouiller, je trouvais toujours une solution à toute situation. Grâce à ce premier stage d’un mois, j’ai pris le sens des responsabilités et je suis plus mature. Très vite j’ai su que je souhaitais m’inscrire dans le nouveau dispositif européen et j’ai posé ma candidature auprès de la coordinatrice des projets européens de la MFR, Joëlle Jeandel. La condition requise étant de réussir son Bac j’ai ai mis tous les moyens pour réussir. Je suis partie dès l’obtention des résultats de mon examen de fin de cycle.

Je m’étais préparée à ce départ. J’ai pris de l’assurance et j’ai même été sans l’aide de personne m’ouvrir un compte en banque au Portugal. Mes maîtres de stage, Joan et Luis Sabino, cavalier international, ont également tout mis en œuvre pour m’accueillir dans les meilleures conditions. Avec la bourse Erasmus+ (4183 euros pour toute la durée). Je commence à apprendre à gérer mon argent. Actuellement, je perfectionne mon anglais et je tente d’apprendre le portugais. Je tiens un journal de bord que je remettrais à mon retour à l’école afin de valoriser mon parcours. Je suis en relation par internet avec la coordinatrice. Je sais que malgré la distance je ne suis pas seule. Ma maman m’a également beaucoup soutenue dans mon désir d’aller vivre et travailler dans un pays d’Europe. »

Extrait du journal de Valentine : mes premières impressions de mon stage au Portugal à la Quinta Das Varandas à Cartaxo

« Le temps passe vraiment très vite, je ne réalise pas que dans quelques jours cela fera deux mois que je suis là. Je me plais vraiment, il y a eu quelques difficultés à me faire intégrer dans l’équipe des cavaliers, mais ces difficultés ont disparu et maintenant tout se déroule correctement. J’ai l’impression d’être arrivée il y a seulement une semaine, le temps passe vraiment très vite… Un petit coup de blues hier soir, en voyant que la rentrée de la MFR était passée. Pour rien au monde je ne voudrais actuellement revenir mais cela m’a fait bizarre de me dire que cette année, pas d’école pour moi… Enfin, je ne compte pas vraiment revenir, on verra comment se déroule le reste du séjour, mais dans l’état actuel des choses j’espère rester chez les SABINO. Pour la communication, pas de grosses difficultés, on arrive toujours à se comprendre plus ou moins. Chacun fait des efforts de son côté, j’ai appris quelques mots de Portugais. Je me débrouille. Je suis heureuse ! »

Paroles de maman

« Beaucoup d’émotions à la lecture du journal de bord de Valentine… Valentine a eu 19 ans hier… Elle me manque. Mais comme je le sens, comme elle le dit, comme elle l’écrit, comme les photos nous le montrent, elle est bien, heureuse et cela n’a pas de prix. Je suis très fière d’elle. Je suis une maman comblée.

Revenue enchantée de son stage Leonardo, tout au long de son année de Terminale, elle n’a cessé d’y penser et quand Mme Jeandel lui a parlé du programme Érasmus+, d’emblée elle y a adhéré, avec mon aval. Tout s’est donc organisé pour un départ en septembre. Joan Sabino ayant contacté Valentine, la date de départ a été avancée en juillet car la structure avait besoin de Valentine plus rapidement, cela laissait peu de temps aux préparatifs et aux adieux. Mais Valentine était très motivée. Entre le bac et le départ, Valentine a découvert une certaine liberté (plus de révisions, l’usage de la voiture, peu de contraintes horaires) : elle sortait avec des ami-e-s, allait à la structure équestre de son lieu de stage examen… Aussi le jour du départ, Valentine se rendait bien compte de ce qu’elle laissait en France : des ami(e)s sincères, une jument qu’elle adorait, deux mois de vacances où elle aurait pu avoir une certaine liberté de mouvements, et du repos.

À l’aéroport, ce n’était pas trop joyeux. Bien que connaissant la structure, la famille et les employés, elle partait vers l’inconnu, d’une certaine façon. Elle ne parlait pas encore le Portugais, il lui fallait une nouvelle ligne téléphonique. Elle était triste et j’avais mal pour elle. Cependant, elle restait motivée et j’avais une totale confiance en elle. Sa grand mère l’accompagnait pour le voyage et restait quelques jours avec elle, le temps de l’installation, ce qui m’aidait aussi à être sereine.

L’accueil là bas a été fantastique et cela a beaucoup touché Valentine, ce qui l’a tout de suite fait « oublier » la France. La présence de deux stagiaires de la MFR les premiers jours, en stage Leonardo, lui a permis de ne pas couper net. Valentine étant plus réservée que lors des précédents séjours (rester un mois, ou huit mois ne crée pas le même état d’esprit), la famille Sabino restait très attentive aux ressentis de ma fille. Avec les départs et arrivées des stagiaires, Valentine, s’est vue complétement acceptée dans l’équipe du personnel : les repas sont pris ensemble, elle échange plus avec eux. Reste encore la barrière de la langue, mais elle se débrouille… Valentine a pris un rythme de croisière. Elle pense à ses ami(e)s, sa famille, à sa jument en France, mais se plaît et s’épanouit là-bas.

Donc, oui, elle nous manque mais nous la sentons, l’entendons être tellement bien lors des appels téléphoniques, que nous sommes tous, extrêmement heureux de ce choix et de ses opportunités offertes aux jeunes. »

Paroles de Maître de stage, confiées par téléphone au tuteur de la Maison familiale rurale

« Nous sommes ravis de Valentine, elle est très appliquée »

valentine1Valentine entourée de ses maîtres de stage portugais qui fêtait ses 19 ans le 18 septembre dernier

[Informations aimablement transmises par Joëlle JEANDEL, MFR de Ramonchamp]


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SPACE Rennes : la MFR de Fougères présente son action à la conférence sur la transition agro-écologique

IMG_2460Dans le cadre du Salon SPACE de Rennes, qui mobilise chaque année une grande partie du monde agricole du grand Ouest, une conférence sur le thème du « Enseigner à produire autrement » était organisée par la DRAAF Bretagne, en présence de Philippe SCHNABELE directeur-adjoint de la DGER, et de différents représentants des 3 familles de l’Enseignement agricole (Public, CNEAP et MFR).

Edmond BOURGES et Jean–François OLIVIER, respectivement moniteur et chargé de mission à la MFR de Fougères, ont eu l’occasion de présenter leur action pédagogique pour sensibiliser les jeunes à cette « agro-écologie » mise en avant dans la nouvelle loi d’avenir pour l’agriculture qui vient d’être définitivement adoptée.

Pour introduire les débats, Philippe SCHNABELE a tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas que « d’un simple effet de mode ». « Je crois à la pertinence de la double approche économique et écologique (…) mais il n’y a pas de recettes toutes faites, il faut apprendre aux futurs agriculteurs à gérer l’imprévisible » ajoute-t-il. Dans la promotion de l’agro-écologie, « Apprendre à enseigner autrement » est donc présenté comme un enjeu essentiel par Philippe SCHNABELE, qui propose les objectifs opérationnels suivants :

1-Adapter les référentiels
2-Valoriser les exploitations agricoles des établissements (entreprises supports de stages pour les MFR).
3-Valoriser les personnels, impulser des initiatives
4-Structurer une démarche régionale, favoriser les innovations pédagogiques

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Philippe SCHNABELE, directeur adjoint de la DGER

Michel MORIN, vice-Président de la Région Bretagne, a insisté de son côté sur la nécessité de faire évoluer les choses : « on ne peut plus enseigner le métier d’agriculteur comme on le faisait avant (..) Le produire plus et le produire mieux, ou autrement, sont indispensables ». Michel MORIN a également rappelé que l’agriculture était l’un des premiers responsables de l’effet de serre et du réchauffement climatique.

Danièle EVEN est vice-présidente de la Chambre Régionale d’Agriculture de Bretagne : « en tant qu’agricultrice, représentant les agriculteurs », elle a souhaité rappelé quelques enjeux :
1-Le maintien des volumes de production
2-La réduction des coûts de production
3-La réduction des intrants
4-L’adaptation des différents systèmes de production
5-La meilleure prise en compte de la biodiversité

« Peu importent les mots, pourvu qu’on évolue sans dogmes et avec pragmatisme » ajoute-t-elle. Insistant sur l’importance de la formation, elle précise : « Il faut rendre les gens autonomes, capables de prendre des décisions et de s’adapter au changement ». Mme EVEN conclut enfin avec passion sur son métier : « Produire, c’est un beau mot, il faut le dire ! »

IMG_2471Danièle EVEN, vice-Présidente de la Chambre Régionale d’Agriculture de Bretagne

Des formateurs des 3 familles de l’enseignement agricole se sont ensuite succédé à la tribune pour présenter les actions déjà entreprises sur ce thème.

Les formateurs de la MFR de Fougères ont commencé par présenter leur partenariat organisé dans le cadre du MAR (Module d’Adaptation Régionale). Ce module aborde la question des agricultures alternatives (durable, écologique) et la question de la labellisation de certains produits « de niche ». « Familles, professionnels et membres du CA sont invités à s’associer à cette démarche » précise Edmond Bourges. « La question de la maîtrise des coûts de mécanisation est essentielle, on met en place des itinéraires techniques, TCS et semis directs » ajoute-t-il. Durant la durée de la formation (3 ans), des plans d’étude associant les tuteurs professionnels, des visites d’entreprises et des interventions permettent d’avancer vers le « produire autrement ».

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Au micro, Edmond BOURGES de la MFR de Fougères, avec à ses cotés Jean-François OLIVIER et Christine LAIRY

Pleinement associés à la démarche, deux intervenants invités par la MFR de Fougères sont venus compléter et illustrer les propos des formateurs. Christine LAIRY, du groupe d’étude et de développement agricole (GEDA 35), a insisté sur l’importance des échanges et des retours d’expériences : « l’important, c’est de vaincre l’isolement (…) En se réunissant, on agrandit le terrain d’expérience et on peut expliquer les échecs, en faisant parfois appel à des compétences extérieures ». Mme LAIRY précise également que sur le terrain, les stagiaires s’y retrouvent car leur travail se diffuse, contribuant à une certaine émulation. L’autre intervenant a été présenté par Jean-François OLIVIER, chargé de mission à la MFR de Fougères : « La spécificité des MFR, c’est qu’elles sont ancrées dans leur territoire, on développe des partenariats et on s’enrichit, Valorex et le réseau Bleu, Blanc, Coeur est un exemple typique de ces échanges possibles ». Stéphane DOUABIN, responsable développement chez Valorex, a poursuivi en présentant l’action de sa société, et sa volonté de « travailler avec les futures agriculteurs sur le thème de la biodiversité », « mais aussi de la biodiversanté » s’amuse-t-il à ajouter. Stéphane DOUABIN explique que sa société est là pour « faire connaitre ses productions ». « Nous avons besoin de ces cultures oubliées (…) c’est bon pour les assolements (…) et il y a des contrats en face car nous aurons besoin d’agriculteurs pour les développer » ajoute-t-il. Jean-François OLIVIER conclut : « Grâce à des témoignages d’exploitants, producteurs et utilisateurs (lin, lupin, févrolles), nous avons pu ouvrir des horizons différents en direction des jeunes en formation initiale et continue. »

Des représentants du CNEAP et des Lycées agricoles publics ont présenté leurs « bonnes pratiques » sur le thème de l’agro-écologie. Les premiers ont présenté les parcelles expérimentales du Lycée de La touche, tandis que les seconds ont abordé d’une part le lien possible entre biodiversité et pratiques professionnelles lors de séquences pédagogiques novatrices (production de documents à l’attention des professionnels par exemple) et d’autre part l’ouverture de partenariats avec les chambres d’agriculture, pour proposer aux agriculteurs des diagnostics réalisés par les élèves (par exemple sur les éco-bordures au Lycée St Aubin du Cormier). « L’enseignement professionnel peut également enrichir le regard des chercheurs » a notamment tenu à souligner Yves Le Roux, formateur au Lycée de Saint-Aubin du Cormier.

Au terme de cette conférence, Philippe SCHNABELE a tenté de réaliser une synthèse de ces tables rondes, en relevant « une grande diversité des démarches, des approches toujours globales ». Il a conclu sur « l’importance du volet humain » soulignant que « c’est une affaire de conviction individuelle, mais cela met en jeu également le travailler ensemble, il faut réconcilier différents publics ».

IMG_2491Dans la salle, de nombreux représentants de MFR étaient présents, qu’ils soient moniteurs, directeurs, administrateurs ou cadres de la Fédération régionale ou de l’Union nationale

Accéder à l’article présentant une journée au SPACE avec les MFR de Bretagne


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Salon agricole : une journée dans « LE SPACE » avec les MFR de Bretagne

Le SPACE de Rennes est le salon international de l’élevage qui rassemble tout le grand Ouest de la France. Comme chaque année, la Fédération régionale des MFR de Bretagne tient un stand en partenariat avec EDT (Entrepreneurs des Territoires) et l’APRODEMA. Lire la suite


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« Des solutions pour les jeunes décrocheurs » à l’UNAF : les MFR étaient présentes

anlciDans le cadre des journées nationales Agir ensemble contre l’illettrisme, et en présence du coordinateur national de l’ANLCI, Eric NEDELEC (photo ci-contre), l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) organisait le 16 septembre une conférence sur le thème du « décrochage scolaire ». Les MFR participent depuis maintenant plusieurs années à l’amélioration de « l’accrochage » scolaire et au suivi des décrocheurs, notamment dans le cadre des enquêtes menées dans l’enseignement agricole par le ministère. Mais au delà des statistiques, le suivi et le devenir des jeunes est une priorité du mouvement des Maisons Familiales Rurales, comme l’a rappelé le président de l’Union nationale des MFR, Xavier MICHELIN, dans son rapport d’orientation d’avril 2012.

Decro1Après l’introduction de Rémy GUILLEUX, Président de l’UNAF, cette journée a débuté par une intervention de Jean-Marie PETITCLERC, fondateur et directeur de l’association LEVALDOCCO qui accompagne les jeunes de différents quartiers dits « sensibles ». Sur un flux d’environ 750 000 jeunes, 150 000 décrocheurs dont 80 000 ne maîtrisent pas les socles fondamentaux, Jean-Marie PETITCLERC ose une comparaison avec le secteur automobile : « quelle entreprise confrontée au rappel de 80 000 autos sur une production de 750 000 véhicules ne se remettrait pas immédiatement en cause ? ».

Voici quelques extraits de son intervention :

« Le dysfonctionnement vient de l’école, on peut parler d’école décrochante et non de décrocheurs (…) La culture de la cité, une culture entre pairs, est de plus en plus prégnante, ce qui pose des difficultés, elle envahit l’école et marginalise les familles. Un de droits fondamentaux des enfants au 21ème siècle devrait être le droit à la cohérence des adultes qui l’entourent, il est dangereux que ceux qui représentent les valeurs se contredisent les uns les autres (…)

On parle de crise depuis 40 ans, ce n’est plus une crise, mais une véritable mutation (…) On peut faire le parallèle avec ce que Jean BOSCO décrivait au 19ème siècle, et son intuition de l’époque : de la même façon que les jeunes parvenaient difficilement à se projeter vers les lignes fumantes de l’horizon du 19ème, face aux turbulences de la jeunesse aujourd’hui comment se projeter dans l’avenir ? (…) Plus rien ne sera comme avant, un seul mot d’ordre qui vaut encore aujourd’hui : la qualité de la relation entre les adultes et les jeunes, sa dimension affective qui est largement sous-estimée aujourd’hui dans le cadre pédagogique (…)

L’autorité est de moins en moins liée au statut mais à la qualité de la relation. La professionnalisation des professeurs, avec un accent mis plutôt sur la didactique au détriment de la pédagogie, a entrainé une dés-implication dans la relation affective. Les élèves n’écoutent pas, absorbés par d’autres préoccupations, il y a une crise de sens : que vont changer 2 profs de plus par collège ? (…)

De nombreux jeunes sacrifient leur intelligence pour préserver leurs alliances, dans certains quartiers, il est dangereux d’être premier de sa classe ! (…) Quand l’un d’entre eux parle français « oh, tu parles comme une fille ! » et aussitôt ils ajoutent des insultes pour reprendre leur statut dans le groupe (…) Le système de notation ne met pas en valeur les progressions, personne ne dit aux jeunes qu’un 6 en 4ème, ça vaut un 18 en 6ème (…) On relève la barre au fur et à mesure si bien qu’on ne mesure jamais les progressions (…) Dans les pays nordiques on évalue les savoir-faire, en France on mesure les manques, la marge qu’il reste à franchir pour atteindre le niveau attendu. On confond également précocité et intelligence (…) Einstein aujourd’hui aurait été orienté en SEGPA avec nos critères, il a eu besoin de temps pour se développer ».

Selon Jean-Marie PETITCLERC, le processus de décrochage se déroule en 3 étapes :

  • Une phase de dés-intéressement, suivi d’un absentéisme « parfois organisé par l’école » selon lui (dans le cas d’un renvoi), la consommation de cannabis accentuant le processus en impactant la concentration et les capacités.
  • Une phase d’affranchissement de l’obligation. Facilité paradoxalement par l’éloignement géographique lié aux renvois multiples. Dans cette phase, le jeune risque d’être happé par l’économie parallèle. « Il est frappant de voir qu’il est soumis à des convocations, à des tentatives de raccrochage alors même qu’il goûte la liberté… » nous confie-t-il.
  • Le temps passant, le jeune commence à se dire « où ça me mène tout ça ? » mais il a plus de 16 ans et n’est plus soumis à l’obligation de scolarité, « l’institution se démobilise, et c’est trop tard » selon Jean-Marie PETITCLERC.

peticlerc1Jean-Marie PETITCLERC avance quelques pistes de solutions :

  • Renforcer la présence des adultes, en associant des bénévoles, les familles.
  • Renforcer la mixité sociale« il existe un lien entre mobilité dans l’espace et mobilité sur un projet » précise-t-il.
  • Valoriser les savoir-faire, revoir l’idéologie du collège unique, en mettant en œuvre des pédagogies différenciées. Améliorer la formation des enseignants, en accordant une part plus grande à la pédagogie. Réconcilier école et entreprise, remettre à jour les manuels d’économie : « dans les manuels de seconde en économie, on relève encore que dans l’entreprise tout ce qu’on obtient vient de la lutte ».

Un brin provocateur, il ajoute en anecdote un échange avec un jeune apprenti : « Mon patron m’a demandé de balayer ! Bah oui et alors ? C’est honteux, je ne suis pas son esclave ! Bah, qui a balayé alors, ton patron ?  Oui ! ». « Comment s’étonner alors parfois que les patrons hésitent à prendre des apprentis…» commente-t-il et il ajoute : « on a trop de réglementations et on est dans l’hyper-protection : on oublie le principe de responsabilisation. »

eschetSeconde intervenante de la matinée, Marianne ESHET, directrice de la Fondation SNCF a souligné le fait que le monde de l’entreprise avait aussi sa place au moment de cette « mutation », présentant l’action de la Fondation SNCF comme une « alliance de mécènes pour l’éducation, dans un esprit village ».

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En début d’après-midi, l’intervention de Paul-Marc REMY, de la DGESCO (Direction Générale de l’Enseignement Scolaire), a permis d’aborder la question de la politique mise en place par l’Etat, au regard des enjeux de la problématique du décrochage (photo ci-dessus).

Paul-Marc REMY pose un double constat :

  • En 2012, 11.6% de la population des 18/24 ans en France a quitté prématurément le système scolaire sans diplôme ni emploi (source EUROSTAT). Dans le cadre du plan « Europe 2020 », objectif est de passer sous les 10%.
  • Chaque année, 140 000 jeunes de plus de 16 ans quittent l’école sans avoir obtenu leur diplôme (niv. 5 et 4). L’objectif de François HOLLANDE est de réduire ce chiffre de moitié. Selon les différentes études PISA, les origines sociales des jeunes pèsent fortement sur les résultats. « Une cartographie du CEREQ présente les zones à risque de décrochage » indique-t-il (atlas consultable ici).

Voici quelques extraits de cette intervention :

« Pour arriver à l’objectif fixé, il faut mettre en place des alliances éducatives, l’école doit s’ouvrir (…) Par exemple des expériences ont été menées pour laisser le dernier mot aux familles dans le choix d’orientation en fin de 3ème, pour éviter les orientations non choisies (…) L’école ne peut pas faire tout toute seule, d’où l’importance de la co-éducation, les multi-partenariats sont privilégiés, on pourrait même en faire une grande cause nationale (…) La remédiation est primordiale, y compris aux yeux du législateur : l’article 14 du code de l’éducation a été remanié en profondeur (…) Il a inscrit le droit de retour vers l’école, soit en formation initiale, soit sous un autre statut (…)

Le SIEI est un système qui croise les données qui sont transmises aux plateformes locales de lutte contre le décrochage, dirigées principalement par les CIO (…) Il existe également un site pour les jeunes, masecondechance.onisep.fr (…) Le réseau FOQALE est une organisation de l’éducation nationale à l’intérieur des plateformes, il tente de trouver des places disponibles en cours d’année, tout en évitant un deuxième échec (…) Il y a des sas de réorientation ou des structures de retour à l’école de type école de la nouvelle chance, micro-lycées, pédagogie adaptée, principalement classes de 1ères/terminales (…) Il y a également le service civique, engagement volontaire d’un jeune sur une mission d’intérêt général sur une durée de 6 mois à 1 an (24h/semaine), avec un tuteur de l’éducation nationale (…) Parfois il peut s’agir d’une formule combinée, mi-temps en Lycée Professionnel, mi-temps en service civique (…) Le Code des marchés publics prévoit, dans le cadre d’appels d’offres, une clause sociale qui contraint l’entreprise, elle peut par exemple organiser un parcours de découverte du monde professionnel. »

Paul-Marc REMY est revenu ensuite sur les chiffres de l’année 2013 :

  • 180 000 jeunes décrochés contactés
  • 100 000 entretiens
  • 34 000 FOQALE (20 000 retour FI diplômante – 3000 service civique – 11 000 mission générale d’insertion, qui ont encore une mission de lutte contre le décrochage scolaire).

Paul-Marc REMY a ensuite indiqué qu’une évaluation partenariale avait été mise en place dans le cadre de la MAP (modernisation de l’action publique). L’audit a débouché sur la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle. « Les régions vont dès 2015 co-piloter l’animation des plateformes de lutte contre le décrochage scolaire, à travers des conventions passées entre les recteurs et les préfets et présidents de Région (…) Cela devrait déboucher sur un plan d’action national de lutte contre le décrochage scolaire (…) De nouveaux chantiers qui prendront en compte les portefeuilles de compétence » ajoute -t-il pour conclure.

Suite à une intervention dans la salle, Paul-Marc REMY est revenu sur la question du « droit au retour à la formation » et sur la mise en place du CPF (Compte Personnel de Formation) qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015 : « ce droit à la formation est attaché à la personne et non plus au statut, ce qui est révolutionnaire, les régions devront répondre à ce type de demande, et non plus seulement à des prescriptions. »

Ensuite, c’est Joël CANTAUT, proviseur du Lycée Alfred Kästler et en son sein du Lycée de la nouvelle chance, responsable de réseau FOQALE, qui a livré son expérience.

Voici quelques extraits de cette intervention :

« A la racine du projet, il y avait les micro-lycées de l’académie de Créteil (…) Il y avait un manque dans l’académie de Versailles, qui représente pourtant 10% des effectifs nationaux (…) Notre structure est plus hiérarchique mais garde le même esprit (…) Le droit au retour à la formation est très important, nous rescolarisons (…) Il y a un manque dans la voie professionnelle. »

Joël CANTAUT a présenté ce qui lui paraissait fondamental dans son action :

  • Le respect des règles : respect du cadre, même dans un lycée de la nouvelle chance
  • Un temps de transport adapté, compatible avec une scolarisation
  • Un accueil de jeunes de 17/24 ans, majoritairement masculins (les garçons sont plus touchés par le décrochage scolaire), un public fragile socialement/psychologiquement.

Il a conclu son intervention en battant en brèches quelques idées reçues : « il y a aussi des absentéistes qui ont eu leur bac (…) ils ont simplement eu besoin d’une pause pour travailler, pour des raisons de santé (…) Parfois, on est hors-la loi, j’ai vu par exemple un ancien de SEGPA qui a eu son Bac ». En tous cas, Joël CANTAUT annonce de bons résultats pour sa dernière promo « de la nouvelle chance » : 78% de réussite au BAC !