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Voyage d’études en Roumanie pour les CAPA Maréchalerie de la MFR de Saligny

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Haras National de Roumanie 2Un témoignage transmis par le directeur de la MFR de Saligny sur Roudon, Dominique Listrat, évoquant la mise en place et le déroulement du voyage d’études en Roumanie de la classe de CAPA Maréchalerie, à la suite d’une demande de démonstration de forge et de ferrage à l’Université vétérinaire de CLUJ NAPOCA.

Les origines du projet

Printemps 2014, le Docteur Joseph BLETHON se propose de nous rencontrer à la MFR (NDLR : la MFR de Saligny sur Roudon). Vétérinaire à la retraite, spécialiste du monde équin il est aussi un énergique globetrotter. Une de ses destinations phares : la Roumanie. Il a lié depuis de nombreuses années une relation privilégiée avec le monde politique de ce pays mais surtout avec l’université vétérinaire de CLUJ NAPOCA. Au cours de ses fréquentes visites, il a remarqué le manque flagrant de compétence en maréchalerie dans un pays qui compte environ 700 000 chevaux. C’est ce constat qu’il est venu nous faire partager. Pour lui l’adage « pas de pieds, pas de cheval » est une évidence. Il nous demande si nous sommes prêts à témoigner de notre expérience de formation auprès de l’université vétérinaire. La réponse est oui.

Début octobre, Dominique LISTRAT, directeur de la MFR de Saligny accompagne Joseph BLETHON à CLUJ NAPOCA ; un séjour d’une semaine qui permet de présenter la formation maréchalerie dans ses grandes lignes (diplômes, durée de formation, équipement nécessaire, les investissements, les compétences…).

A la fin des travaux, il est demandé si la MFR de Saligny pourrait réaliser une démonstration de forge et de ferrage au cours d’un symposium organisé par l’Université Vétérinaire au printemps 2015. De retour à la MFR, Dominique LISTRAT présente le projet au Conseil d’Administration et aux élèves. Une fois le projet validé, il faut trouver des partenaires…

Fin 2014, mise en place de la logistique, elle sera lourde. S’il existe des maréchaux ferrants en Roumanie, beaucoup n’ont pas l’équipement complet. Nous devrons apporter les outils, les forges et les enclumes. L’université fournira le gaz et la ferraille. Il faut donc rejoindre la Roumanie par la route. Il faut chiffrer, réserver les hôtels, s’informer sur les différentes réglementations, organiser le programme sur place…

En route…

Fin avril, en route pour la Roumanie. Bruno GOINEAU, formateur en maréchalerie et Dominique LISTRAT encadrent 8 jeunes. Le trajet aller, c’est 2 jours et demi, 2000 km, une pause à Mulhouse, une autre à Vienne.  C’est également 5 pays traversés : la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et la Roumanie. Ce voyage c’est la diversité des paysages, des langues, des monnaies, des habitations, de l’agriculture, des habitudes, des signalisations routières…

Enfin l’arrivée. Une première rencontre avec nos hôtes. Nous retrouvons le Docteur BLETHON, Cornel CATOI, Iancu MORAR et Mélania CRISAN. L’accueil est chaleureux et sincère. Nous prenons possession des locaux. Nous sommes deux par chambre, comprenant salle de bain privative avec douche-balnéo. Nous sommes reçus comme des princes !

Arrivée au restaurant universitaireLe soir, repas au restaurant universitaire, mais côté invités (photo ci-contre). Les jeunes sont sous le charme. Premier contact avec la nourriture roumaine, c’est bon et copieux. C’est aussi l’occasion de partager le verre de l’amitié, la TUIKA, un alcool « féroce » servi traditionnellement en signe de bienvenue.

Le deuxième jour en Roumanie, visite de l’université et de la ville. Nous sommes accompagnés par trois étudiants français qui réalisent leur formation vétérinaire à CLUJ.

Rencontre avec les étudiants vétérinairesRencontre avec les étudiants vétérinaires

Troisième jour, début des hostilités. Les jeunes vont réaliser une série de parage et de ferrage devant un parterre d’étudiants vétérinaires. Bruno GOINEAU plante immédiatement le décor : « les pieds sont solides, par contre les parages sont de qualité très moyenne. On se rend rapidement compte du défaut de formation. Les chevaux sont ferrés pour travailler dans les champs, la technique est vraiment basique ».

Quatrième jour, symposium sur le pied du cheval. L’idée est simple. Devant un groupe de vétérinaires en formation, Bruno GOINEAU et Mme Monika GANGL, professeur à la clinique équine de Lyon, spécialiste du pied du cheval, présentent un cheval, commentent les aplombs et décident ensemble du parage et du type de ferrure. L’exemple parfait d’un travail en commun du vétérinaire et du maréchal ferrant.

Travail Vétérinaire Maréchal ferrantTravail commun entre vétérinaire et maréchal ferrant

Cinquième jour. La journée est divisée en trois parties. Le matin, démonstration de forge au sein de l’université devant des propriétaires de chevaux. L’après-midi, shopping. L’occasion d’acheter quelques souvenirs. Le soir, réception officielle. C’est l’occasion d’échanger quelques cadeaux et de prendre un dernier repas en commun.

Sixième jour, la surprise. Depuis notre arrivée, Norbert, maréchal ferrant roumain, nous suit pas à pas. Il veut profiter de notre présence pour apprendre. Il a travaillé et échangé avec nous. Pour nous remercier, il nous a invités chez lui ou sa mère et sa grand-mère ont préparé un repas traditionnel. Une attention particulière qui montre bien la qualité de l’accueil et de la générosité des habitants.

Septième jour, retour en France. Même parcours, mêmes étapes, mais avec de la fatigue en plus et le sentiment partagé entre la nostalgie d’un séjour quelque part à l’est de l’Europe et le désir de retrouver les siens.

Mais en fait, qu’en pense les élèves ?

Océane : « Le voyage en Roumanie était bien, on a pu découvrir le pays, les traditions. La rencontre avec le maréchal ferrant nous a apporté beaucoup ».

Pour Théo : « L’accueil m’a vraiment plu, cela m’a étonné… ».

Xavier : « Ce qui m’a marqué, c’est leur mode de vie. On voit des gros 4X4 et 10 minutes après un char de foin tiré par des chevaux… ».

Antoine : « Dans la ferme où on a ferré, il y avait un groupe de 4 personnes qui ont écarté et tamisé environ 30 tonnes de gravillons. Tout a été fait à la main, en France cela aurait été mécanisé… ».

Tanguy : « Les fers des chevaux ont des crampons fixes, même s’ils vont sur la route… ».

Rémi : « Ce qui m’a impressionné c’est l’accueil. Le jour de notre arrivée, le doyen de la faculté et les professeurs sont venus nous saluer et nous serrer la main ».

Et après ?

Dominique LISTRAT résume l’impression générale : « Il y a un déficit flagrant de compétence pour la majorité des maréchaux ferrants roumains. La solution passe obligatoirement par la formation. Plusieurs questions se posent : Quelle formation ? Avec qui ? Où faire la formation ? Quel financement ? Des jeunes maréchaux comme Norbert ils en existent plusieurs. S’ils manquent de technique, ils ont envie d’apprendre et de réussir. Ces maréchaux ferrants, insuffisamment formés, doivent venir se perfectionner en France. La plus-value qu’ils vont gagner avec la formation va tirer toute la profession vers le haut et redorer ainsi leur image. Après, il faudra former les jeunes générations, mais cela pourra se faire directement en Roumanie, en s’appuyant sur les maréchaux expérimentés et formés en France. Maintenant, il faut mettre en mouvement les synergies. Pour cela, on peut s’appuyer sur le docteur BLETHON et sur l’équipe de l’université vétérinaire de CLUJ NAPOCA ».

Haras National De RoumanieHaras national de Roumanie

Autre version de l’article écrit par la MFR :

MFRSALIGNY

[Article aimablement transmis par Dominique Listrat, directeur de la MFR de Saligny sur Roudon]

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Auteur : christofbernard

Chargé de communication WEB - Union nationale des Maisons familiales rurales - 75009 PARIS

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