Le blog des Maisons familiales rurales

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La MFR de Moissac « dans le sens » du numérique

Depuis près de 15 ans, l’équipe de la MFR de Moissac applique la politique des « petits pas » pour accompagner la révolution numérique, sous l’impulsion de son directeur, Pascal VARNIER. Ce dernier donne le ton : « Je ne suis pas un fan d’informatique mais j’en ai rapidement vu l’utilité (…) une approche pédagogique ludique et diversifiée pour les jeunes ».

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Un outil multimédia développé par les MFR du Maine-et-Loire pour découvrir le Burkina Faso

projet_TICE_BurkinaDans le cadre d’une formation universitaire, un collectif de moniteurs a pris appui sur le partenariat élaboré avec les MFR du Burkina Faso pour développer un outil multimédia qui permet de découvrir le Burkina Faso et de mieux appréhender la problématique de l’éducation au développement et à la solidarité internationale.  Le support créé pour les élèves des classes de 4ème – 3ème et Seconde peut être également utilisé par toute personne qui s’intéresse à ce pays.

L’outil pédagogique (sur CD-Rom) a pour objectif de développer la curiosité à travers une méthode d’apprentissage favorisant l’éveil des sens, l’observation, la lecture par le biais de jeux. Les créateurs ont souhaité mettre en lumière la situation d’un pays africain mais également – et surtout – les relations qui existent entre le Burkina Faso et le Maine et Loire. Le support présente donc le pays sur le plan géographique mais aussi d’un point de vue culturel et humain afin de soulever – auprès des adolescents – un intérêt pour les échanges qui existent entre les MFR de nos deux pays.

L’étape « construction » terminée, le groupe va s’employer à promouvoir cet outil auprès de leurs collègues des différentes MFR du département et enrichir le contenu avec de nouvelles rubriques, vidéos prises lors des missions.

L’application sera en ligne sur le site www.mfr49.org  très prochainement.

Pierrick Courant, Virginie Leduc, Dominique Faucheux et Cédric Proust reviennent sur leur projet, ses objectifs, les partenariats qui ont été engagés, dans l’article qui suit.

En plusieurs décennies, les Technologies de l’Information et de la Communication (T.I.C.) se sont imposées dans les référentiels éducatifs, malgré les ruptures politiques et les décisions pédagogiques changeantes. Les technologies multimédias, et la multiplication de leur utilisation dans de nombreux domaines (téléphonie, jeux, bureautique, internet, etc.), ont rendu incontournable la maîtrise de ces outils.

Rien ne laisse penser une quelconque diminution de l’engouement pour l’information et la communication. Il semblerait même que ces technologies soient amenées à se développer, bouleversant ainsi nos pratiques quotidiennes en rendant, probablement plus accessible l’information et la communication, pour un public de plus en plus nombreux

Les Maisons Familiales, dans cet élan de diffusion avancée, sont amenées à s’approprier la tâche de faire en sorte que tous les jeunes acquièrent les éléments de connaissance, dont ils ont besoin pour parfaire leur formation, et les compétences pour maîtriser ces technologies.

Mais comment faire ? Quels sont les contenus des référentiels et les objectifs à atteindre dans les modules liés aux T.I.C. (Informatique, Expression, Communication,…) ? Comment devons nous nous situer ? De quelles compétences disposons-nous ?

Aussi, depuis 1998, la fédération départementale des MFR du Maine-et-Loire contribue au développement d’établissements au Burkina Faso. Dans un même temps, concernant nos élèves, des apports pédagogiques d’éducation au développement furent élaborés pour l’ensemble des associations du département. Cependant le lien entre l’activité pédagogique en question et le Burkina Faso n’a pas été réellement matérialisé. Fort de ce constat  nous avons décidé, entre moniteurs, de réfléchir à la création d’un support didactique.

Dans un tel contexte, rapidement, l’idée de la création d’un support pouvant-être exploité dans le cadre de la communication sur le partenariat de la Fondation des MFR dans le monde* et l’Union Nationale des MFR du Burkina Faso est née.

Plusieurs échanges avec la fédération départementale nous ont permis de réfléchir à des pistes de développement. Afin de répondre au mieux aux besoins recensés précédemment, Pascal Cluseau, animateur départemental en charge du développement à ce sujet, nous a apporté une grande écoute. En amont de notre projet, le comité « Burkina Faso » était dans l’attente d’une production. Rapidement, la commande, qui nous était passée dans le cadre du module TICE, s’est révélée être une suite logique :

  • Réaliser un support permettant d’utiliser le partenariat comme un outil « facilitant » l’éducation au développement ;
  • Tenir compte de la charte de communication pour éviter une présentation « grossière » ou vecteur de clichés !
  • Attacher une grande importance à l’aspect ludique et pédagogique.

Pour répondre à cela les moyens proposés par notre interlocuteur témoignent de son intérêt pour notre projet. Deux personnes de notre groupe ont pu être formées à l’interculturel avant d’effectuer une mission de deux semaines au Burkina Faso. Ainsi, nous avons pu observer, échanger, comprendre le contexte et nous confronter à d’autres réalités.

Les moyens importants mis à notre disposition nous engagent pleinement pour la réalisation de notre support média ! La perspective est la mise à disposition de cet outil pédagogique à toutes les MFR du Maine-et-Loire, en complément des supports déjà existants.

Ainsi, nous proposerons aux élèves des MFR du Maine et Loire, un support média qui offre la possibilité de se plonger dans la culture du Burkina Faso et qui témoigne du partenariat qui gagne de l’importance et de l’intérêt.

*Vous pouvez effectuer un don à tout moment pour soutenir cette Fondation des MFR dans le monde

Pierrick Courant, Virginie Leduc, Dominique Faucheux et Cédric Proust

MFR_Burkina

Les Maisons familiales rurales du Burkina Faso


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Qui veut surfer sur un MOOC ? L’expérience de Dominique THOMAS, moniteur en Maison familiale rurale

Cela fait plus de 30 ans que Dominique THOMAS est moniteur en Maison Familiale Rurale. « Je suis passeur de connaissances, j’ai vu passer bien des pratiques pédagogiques, depuis ma formation au Centre National Pédagogique des MFR, un DUEPS, un DESS, un Master, le tout en sciences de l’éducation » nous confie Dominique. Il nous propose de revenir sur le phénomène des « MOOC » (Massive Online Open Courses) à travers sa propre expérience.

Comme chacun d’entre nous, j’ai fait du surplace avec les uns, et du chemin avec les autres. Un de mes chemins préférés m’a amené au Manitoba, État du centre du Canada. « Manitoba » signifie en indien « Crée le souffle de l’esprit », en référence aux vents qui balayent l’immense lac Manitoba au cœur de cette province. Je souligne cette étymologie car c’est là qu’est né, en 2008,  le premier MOOC…

Un MOOC (Massive Online Open Course) est une nouvelle forme d’apprentissage qui souffle à présent très fort dans les universités nord américaines, où ce concept connaît un franc succès. La formule vient d’arriver chez nous. Le premier mooc francophone s’est déroulé durant l’automne 2012. Il s’appelait  ITYPA, j’y étais.

Retour sur la forme

Le MOOC est un enseignement de masse. Il s’adresse à plusieurs centaines voire plusieurs milliers de participants. Nous étions 1200, formateurs, consultants, responsables pédagogiques ou de formation, documentaliste, chercheurs…..

Le MOOC est un cours connectiviste, courant pédagogique qui adapte les théories socioconstructivistes à l’usage du numérique. Le principe : la richesse du cours dépend de la production de savoir des participants, et de leurs échanges. Dans le MOOC ITYPA, chacun était invité à créer un blog personnel pour publier ses pratiques et ses recherches.

Le MOOC est ouvert, chacun peut s’y inscrire et y participer librement.

Le MOOC est en ligne. C’est une formation à distance.

La partie synchrone, qui rythme le cours est une visioconférence. Pour ITYPA elle avait lieu chaque semaine. C’était une table ronde virtuelle avec l’application visioconférence hangout, accessible à tous à partir du moment où on a créé son compte google.

La partie asynchrone utilisait plusieurs canaux :

  • Un site WEB : http://www.itypa.mooc.fr, avec la présentation et le déroulement du cours, assortis de conseils méthodologiques, de ressources pédagogiques, de forums de discussion, de formulaires d’inscription.
  • Une newsletter quotidienne, véritable revue de presse faisant écho des articles publiés par les participants.

Comme dans tous les festivals, une grande partie de la formation se déroulait dans le off, chacun consultant et interagissant avec les autres blogueurs et twitteurs producteurs de ressources…

ITYPA

 http://tritypa.wordpress.com/2012/12/10/dessine-moi-itypa

Retour sur le fond

ITYPA est un acronyme : Internet Tout Y est pour Apprendre.

Le cours invitait chacun à optimiser les TICE en tant que support d’apprentissages, ou plus précisément, à tisser son environnement personnel d’apprentissage en ligne.

Ce thème nous concerne à deux niveaux : les TICE rentrent de plus en plus dans notre métier de formateur, et les jeunes vivent dans une bulle numérique qui enfle, notamment en milieu scolaire.

Le cours s’est déroulé sur 10 semaines avec un découpage de 10 séquences :

Semaine 1 : Introduction
Semaine 2 : L’environnement d’apprentissage personnel, à construire ensemble
Semaine 3 : Diriger soi-même sa formation
Semaine 4 : Recherche et veille documentaire
Semaine 5 : Partage d’expériences autour de la recherche documentaire
Semaine 6 : Apprentissage social
Semaine 7 : Découvrons les communautés qui nous entourent
Semaine 8 : Construire son réseau social en ligne pour apprendre
Semaine 9 : Partage d’expériences
Semaine 10 : les Moocs, pour la formation tout au long de la vie

Voici les points sur lesquels je me suis arrêté :

  • L’environnement d’apprentissage personnel (EAP) :

L’environnement d’apprentissage personnel (EAP) est le système avec lequel l’apprenant définit ses objectifs, ses contenus, ses processus d’apprentissage et sa communication avec les autres.

Gérer son EAP, c’est raisonner ses interactions avec les autres, sa recherche documentaire, le stockage des ressources numériques, la production de contenus.

Construire son EAP, c’est choisir des outils qui répondent à des besoins d’apprentissage personnel.

La démarche est intéressante. Nous avons l’habitude d’appréhender l’environnement des organisations. Il s’agit là de faire un travail d’introspection sur nos objectifs d’apprentissage et de définir avec qui et avec quoi pouvons-nous les atteindre. L’étude étant restreinte ici aux ressources numériques.

  • L’infobésité

L’infobésité, c’est la boulimie de l’information en ligne. Cette maladie affecte tous les internautes.

Trop d’informations tue l’information ! La surcharge d’information numérique a été pointée comme un risque important de problème d’assimilation, de pertes de temps et de diminution de productivité.

Pour se défaire de cette maladie qui affecte tous les internautes, il faut sélectionner rigoureusement ses territoires et ses outils de veille et de recherche.

ITYPA2

  •  La curation

La curation consiste à réaliser une revue de presse sur un thème donné en présentant et en commentant les ressources en ligne publiées sur un thème donné.

Elle permet de valoriser et de partager son travail d’identification, de classement, d’éditorialisation des ressources.

Principaux outils de curation : Scoop.it, Paper.li, Pearltrees, Storify, Diigo.

Une chaîne complète du traitement de l’information en ligne ressemble à ceci :

 ITYPA3

 Source image : http://cmooclepagegilles.blogspot.fr/2012/10/semaine-4-du-mooc-itypa-la-veille.html

  • L’apprentissage social

L’apprentissage social, appelé aussi Social Learning, c’était en fait le chapiteau du MOOC ITYPA. J’y associe cet aphorisme de Philippe Carré: “on apprend toujours seul, mais jamais sans les autres”.

J’aime aussi beaucoup cette phrase : « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » (auteur anonyme).

Je serais tenté de dire que l’apprentissage social c’est la part des autres dans l’apprentissage, augmentée de cette plus-value induite par le travail collectif.

Plus objectivement, « le Social Learning » peut être considéré comme le développement des savoirs, des aptitudes et attitudes, par la connexion aux autres, que ce soient des collègues, des mentors ou des experts,  via les médias électroniques synchrones ou asynchrones. »

Source : https://sites.google.com/site/capitypa/glossaire#e

  • Les communautés qui nous entourent

Le travail collectif s’effectue dans une multiplicité d’organisations :

 ITYPA4

Le fonctionnement des communautés est encore plus complexe, tant les stratégies de collaboration sont nombreuses.

Le gros du questionnement a porté sur les liants des communautés, selon Jean Michel Cornu, notre mentor de séance, la coopération est une équation à 28 inconnues : http://site-coop.net/cooperation28/wakka.php?wiki=PagePrincipale

  • Construire son réseau social en ligne

Les réseaux sociaux peuvent être utilisés à des fins pédagogiques, mais leur première vocation reste la rencontre et l’échange. Construire son réseau social, c’est signer sa personnalité qu’elle soit physique ou morale. L’identité numérique, l’e-réputation doivent être 2 points de vigilance.

Facebook, Twitter, Google +, Viadéo, LinkedIn, Instagram, Pinterest, sont les réseaux sociaux les plus fréquentés mais il en existe une multitude. Ces plates-formes se différencient par leur fréquentation et leurs fonctionnalités.

Pour reprendre cette citation de Antonio Machado, « il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant ». Il y a par contre, comme l’indique le schéma ci-dessous, de nombreuses balises :

Réseaux sociaux

Photo credit : Faire un bout de chemin sur les réseaux sociaux – Isabelle Gruet

Licence CC BY-NC-SA 

Dominique THOMAS

Nul doute que ces expériences se multiplieront à l’avenir, véritables laboratoires de l’innovation pédagogique qui ré-interrogent en profondeur les pratiques des formateurs… Merci encore à Dominique THOMAS pour cette synthèse très instructive. Dans un prochain article, il nous livrera sa vision de la place que peuvent occuper les MOOC dans la pédagogie des MFR et son bilan de son expérience du MOOC Itypa…


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Première session de perfectionnement « TICE » au Centre National Pédagogique des MFR

La première session de formation de perfectionnement des moniteurs à l’utilisation des outils numériques dans un cadre pédagogique vient de se dérouler au Centre National Pédagogique des MFR à Chaingy, le mois dernier. Quatorze moniteurs de MFR, de compétences informatiques très diverses, ont donc pu bénéficier pour certains d’une initiation ou d’autres d’une remise à niveau sur des points plus précis. Tous ont pu échanger sur leur pratique et débattre sur différents thèmes d’actualité comme par exemple : « les réseaux sociaux et les jeunes ».

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Le programme de formation, largement basé sur des séquences pratiques, était dense : présentation des espaces numériques institutionnels, utilisation de logiciels de présentation dynamiques et interactifs (Powerpoint, différents logiciels libres et gratuits). Le groupe a également pu assister à une démonstration de l’utilisation d’un TBI (Tableau Blanc Interactif). Chacun est donc reparti dans sa MFR avec des savoir faire supplémentaires et de nouvelles idées pour outiller leur pratique de la pédagogie de l’alternance…


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Rencontre du groupe national « TICE » à l’Union Nationale des Maisons familiales rurales

Le 23 octobre dernier, le groupe national « TICE » des  Maisons familiales rurales s’est réuni à l’UNMFREO pour faire le point sur les nouveaux espaces d’apprentissage numériques. Ce fut l’occasion d’effectuer un état des lieux des pratiques existantes, une étape qui a permis à chacun de constater la richesse et la diversité des innovations sur le terrain. Développement de plateformes libres de type Agora Project ou Chamilo, création d’outils de gestion des stages à distance, développement d’intranet sous Moodle ou choix de plateformes commerciales : les MFR se sont bel et bien engagées sur le territoire numérique…

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Un  autre enjeu face à ces révolutions en marche est de bien savoir définir ces nouveaux espaces de travail, de façon à choisir le meilleur outil en fonction des besoins des établissements. Ainsi, un ENT (Espace Numérique de Travail)  d’ancienne génération orienté vers la gestion administrative (suivi des notes à distance, création de bulletins ou de conventions de stage) peut évoluer vers des espaces interactifs via de nouveaux modules de type « e-learning » (échanges de documents, messagerie instantanée, cahiers de texte numérique déjà obligatoires dans l’EN depuis 2010 et qui le deviendront bientôt à l’EA…), mais ceux-ci ne pourront pas forcément devenir de réels LMS (Learning Management System) destinés à gérer la FOAD (Formation Ouverte A Distance) ou la FOR privilégiée dans certaines MFR (Formation Ouverte au Réseau). Il existe également des CMS (Content Management System) permettant de gérer le contenu de formation, qui peuvent être aussi des « outils-auteur » (des modules permettant aisément de créer des séquences pédagogiques multimédia, interactives et évaluables à distance).

Une approche trop administrative, même si elle répond aux attentes des parents et des élèves entretenant déjà de bons rapports avec l’école (surtout en ce qui concerne la consultation des notes à distance), ne risque-t-elle pas de rebuter les jeunes et notamment ceux les plus en difficulté qui, certes seront surveillés numériquement, mais ne raccrocheront pas pour autant davantage aux apprentissages ? Par contre, pour des jeunes ayant dû s’absenter pour maladie par exemple, il peut être intéressant de disposer en ligne de modules de rattrapage ou de cours à télécharger… Tout est une question de mesure et surtout de projet : quelle place donner à ces outils dans le contexte global de l’éducation et de la formation des jeunes ? Quelle vision ?

La tendance est de préférer les outils libres aux outils commerciaux, cette solution permet une plus grande souplesse dans la réponse aux besoins des utilisateurs mais nécessite du temps de développement et des compétences bien spécifiques en interne, l’avantage financier n’est donc pas toujours évident. Parallèlement, le « Clouding » (hébergement dans le « nuage », c’est à dire sur de gros serveurs externalisés) rencontre un succès indéniable aujourd’hui, permettant de se dédouaner de la gestion de serveurs en interne tout en autorisant des espaces de stockage importants pour des coûts relativement limités, voire nuls dans le cas de certaines plateformes libres…

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Par Sam Johnston [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)%5D, via Wikimedia Commons

Une autre tendance est de soutenir et d’accompagner la gestion par les apprenants de leurs EAP (Espaces Personnels d’Apprentissage) ou PLE en anglais, agrégeant les outils et les ressources nécessaires susceptibles d’aboutir à de véritables environnements d’apprentissage tout au long de la vie… Cet accompagnement nécessite une formation des acteurs pédagogiques, afin qu’ils puissent diffuser eux-mêmes les « bonnes pratiques »…  Cette expression, critiquable sur le fond dans le sens où elle porte un jugement de valeur, est très en vogue dans le domaine des TICE et révèle le danger d’une forme d’extrémisme dans lequel il ne faut pas tomber quand on évoque le numérique. Pour obtenir l’adhésion du plus grand nombre, il est nécessaire de prendre en compte d’abord les freins rencontrés, les critiques de ceux qui, à raison, ne veulent pas s’engager « pour suivre une mode » ou au contraire craignent d’être laissés au bord du chemin…  L’outil numérique n’est pas incontournable et ne doit pas être posé comme tel, c’est un « outil en plus » dans la mallette du formateur, ni plus ni moins vertueux qu’un autre, et  qui ne doit pas entrer en opposition avec les autres pratiques existantes.

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Par Alfrmoldavie (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)%5D, via Wikimedia Commons

Des outils de mutualisation des pratiques et des temps de rencontres et de formation sont donc mis en place dans le réseau des MFR, et continueront à l’être, pour soutenir les équipes dans leur projet et les encourager à utiliser ce nouveau média que l’on appelle communément « Web 2.0 ».  Les besoins sont repérés et les attentes sont importantes pour :

  • créer du lien entre les différents acteurs de la formation par alternance
  • faciliter la prise de parole des jeunes
  • accompagner des pratiques déjà existantes et foisonnantes chez les jeunes
  • permettre la co-construction des savoirs entre apprenants et formateurs
  • mettre en ligne des ressources partagées, et créer un réseau autour d’un thème donné
  • renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe, à un établissement, à un réseau
  • individualiser et modulariser les parcours et les évaluations
  • favoriser l’autonomie dans les apprentissages
  • appréhender l’informatique dans un contexte professionnel
  • maîtriser son identité numérique et construire son portfolio de compétences

Pour faciliter l’utilisation de ces nouveaux outils et espaces numériques, il apparait nécessaire :

  • de ne pas construire des « usines à gaz » mais des espaces « utiles et beaux »
  • de prendre en compte la résistance au changement, de ne pas tomber dans l’extrémisme
  • d’intégrer la place des outils numériques dans le projet global des établissements
  • de respecter le cadre pédagogique de l’alternance dans le recours à ces nouveaux outils
  • d’accompagner la gestion temporelle de ces outils par les apprenants, notamment sur les temps de rupture générés par l’alternance
  • d’accompagner la gestion temporelle de de ces outils par les formateurs, pour ne pas oublier le tutorat « en réel »
  • de prendre en compte l’évolution du profil des nouveaux formateurs, issus de la « génération Y »
  • de former progressivement les formateurs au C2i2e

En conclusion, certaines interventions résument bien les préoccupations pragmatiques des moniteurs de l’alternance des MFR concernant le numérique : « L’idéal, c’est un ENT administratif carré, respectant les préconisations de la CNIL et la sécurité des données, et d’un espace d’apprentissage plus ouvert, s’appuyant sur une base de contenus institutionnels », « la pédagogie de l’alternance doit rester le « pour quoi ? » et les outils numériques le « comment ? »… »